On n’a pas fini d’entendre parler de la 3G. Free, candidat à la 4ème et dernière licence, vient d’être éconduit par l’ARCEP pour des raisons financières. Après les signes d’ouverture de Bercy qui laissait entendre que rien n’était perdu pour l’opérateur, la ministre de la Communication a posé ses conditions. Ce sera « lutte anti-piratage contre licence ». Rappel des faits.
Free recalé par l’ARCEP
L’ARCEP a dit non. La candidature de Free pour obtenir la 4ème et dernière licence 3G a été poussée en touche par l'arbitre des télécoms mercredi 10 octobre. En cause ? Les 620 millions d’euros requis pour obtenir le précieux sésame, payables rubis sur l’ongle alors que Free réclamait un paiement échelonné.
L’appel aux pouvoirs publics
Par la voie d’un communiqué de presse daté du 10, le groupe Iliad a répliqué, en appelant aux « pouvoirs publics » pour permettre «l’émergence d’une 4ème opérateur mobile ». Appel entendu puisque le DG du FAI Maxime Lombardini s'est entretenu avec la ministre de la Culture, Christine Albanel, dès le lendemain.
Les signes contradictoires du gouvernement
Mais ce qui ressort de l’entretien ressemble plus à un bon plaquage qu’à la mêlée attendue. Alors que Bercy donnait des signes d'ouverture mercredi 10, indiquant que toutes les options restaient «ouvertes pour l’attribution d’une 4ème licence», Christine Albanel a pour sa part posé des conditions et donné un autre visage au débat.
Le piratage à nouveau sur le tapis
Remettant le service gratuit d’échanges de fichiers « dl.free.fr » sur le tapis, la ministre de la Culture a en effet exigé de Free les preuves d'un "engagement tangible (...) dans la lutte contre le piratage". Et de considérer cet engagement comme un « prérequis essentiel à l’examen du dossier d’attribution » de l’opérateur.
Le deal : verrouiller ou supprimer dl.free.fr
Le rapport ? Absolument aucun. Pour autant, la donne est assez claire : Free doit verrouiller son service d’échanges pour espérer être entendu sur le dossier 3G. Et si « ces mesures élémentaires de protection » ne peuvent être prises, la ministre d’évoquer la « suppression pure et simple » du service.
Une réplique inadaptée
Formulé autrement, Free devra sans doute fermer ou très fortement limiter un service Internet qui n’a rien d’illégal en soi s’il veut devenir opérateur mobile. Presque 10 ans après l’épisode Napster, la logique reste identique : on s’attaque à l’outil plutôt qu’à l’usage éventuellement illégal qui peut en être fait. Pire, on en fait une arme de négociation massive. Dont acte.
En savoir plus
La décicion de l'ARCEP (PDF)
Le communiqué du groupe Iliad (PDF)
La communication de la ministre de la Culure
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